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Les Démocraties populaires (1948-1989)

Publié le par Franck Marre

Quelques liens issus du dossier spécial sur la chute du de Berlin du site internet du journal Ouest-France publié le 27 octobre 2009.

10 ans, 10 mois, 10 jours : l'histoire s'accélère à l'Est

Interview de Jacques Rupnik, Directeur de recherches au CERI (Centre d'Etudes et de Recherches Internationales, Sciences-Po Paris)

Depuis l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir en 1985 à Moscou, on assiste à une ouverture progressive des régimes de l’Est, très différente d’un pays à l’autre.
On pourrait résumer ce qui s’est passé en 89 par la formule : Pologne 10 ans, Hongrie 10 mois, RDA 10 semaines, Tchécoslovaquie 10 jours. Et on pourrait même poursuivre : Roumanie 10 heures, Albanie 10 Minutes, pour montrer l’accélération formidable de l’histoire au cours de l’année 89. En Pologne, cela remonte à l’avènement de Solidarnosc en 1980. C’est le plus grand mouvement social de l’Europe de l’après-guerre. En 1981, il est certes écrasé par le coup d’état de Jaruzelski, mais Solidarité refait surface sous une autre forme en 1988 et 1989. Lorsque le régime communiste, en difficulté sur le plan économique et politique, est amené à composer avec ceux-là même qu’il avait réprimés et mis en prison, dix ans auparavant. La nouvelle ligne plus tolérante à Moscou ouvre la voie aux négociations dites de la « Table ronde », en février 89. C’est en gros, les élites modérées du pouvoir qui se réunissent avec les élites modérées de l’opposition pour empêcher une explosion. Pour négocier ensemble les modalités d’une cogestion de la crise. Le pouvoir, fait des concessions politiques en échange d’une participation de l’opposition à la gestion de la crise économique. Cette Table ronde débouche deux mois plus tard sur un accord de principe pour des élections libres en Pologne. Le pouvoir pense avoir verrouillé les choses, c’est-à-dire qu’il se réserve une majorité de sièges à l’Assemblée, et on ne laisse à Solidarité que 35% de sièges accessibles, ouverts au pluralisme. Alors que pour le Sénat, c’est une ouverture totale. Or, lorsque les premières élections libres ont lieu en juin, Solidarnosc rafle tous les sièges qui lui étaient ouverts à la Diète polonaise, et tous les sièges au Sénat. Le pouvoir pensait pouvoir se légitimer par un compromis avec l’opposition, le résultat fut quelque chose qu’ils n’avaient pas anticipé. Il était clair désormais que dès qu’on avait une liberté de choix, les communistes étaient éclipsés. A ce moment-là, on entre, dans toute l’Europe de l’Est, dans une nouvelle phase qui est celle qu’on a appelé la transition démocratique, c’est-à-dire le passage non violent, négocié, de la dictature et du monopole du pouvoir communiste à une démocratie pluraliste.

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La brêche polonaise


Comment la Pologne est parvenue à renverser pacifiquement le régime communiste, grâce aux grèves, aux intellectuels et à l’Eglise.

Entretien avec Georges Mink, directeur de recherches au CNRS
Dernier ouvrage paru : « L’Europe et ses passés douloureux » La Découverte – 2007


A quand remonte la contestation du régime en Pologne ?
La première rupture, c’est 1956, trois ans après la mort de Staline. Une première grande révolte ouvrière a lieu à Pozna’n. Pour la première fois, le système en tant que tel est déstabilisé, tout simplement parce qu’il fonde précisément sa légitimé sur la classe ouvrière. En 1970, les Polonais protestent de nouveau contre la vie chère. Cette révolte est réprimée très violemment. On parle de plusieurs centaines de morts, voire plusieurs milliers. Le régime tente de changer de politique, mais cela ne donne rien car il est incapable de se réformer. En 1976, nouvelle révolte, toujours ouvrière. Nouvelle répression, mais là, pour la première fois, les intellectuels décident de ne pas se battre exclusivement pour leur propre revendication, la liberté d’expression, mais d’aider les ouvriers. C’est la première fois que cela se produit, et c’est l’embryon de la future victoire. Cette alliance entre intellectuels et ouvriers.

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