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La question de l'eau au Proche-Orient (2nde/Tle)

Publié le par Franck Marre

Le partage de l'eau au Proche-Orient est plus que jamais un enjeu de pouvoir
LE MONDE | 23.04.10 | 16h00  •  Mis à jour le 23.04.10 | 16h00


arce qu'elle n'a jamais été aussi vitale en cette période de réchauffement climatique, l'eau ne cesse d'être un enjeu de pouvoir. Deux rendez-vous internationaux viennent de l'attester.

L'échec de la conférence ministérielle, qui s'est tenue le 13 avril, à Barcelone, a porté un coup peut-être fatal à la stratégie sur l'eau, que devait adopter l'Union pour la Méditerranée (UPM). Le lendemain, à Charm el-Cheikh, les neuf pays de l'Initiative du bassin du Nil se sont séparés sur un constat de désaccord.

Dans le premier cas, avec une persistance qui date du lancement du "processus de Barcelone" en 1995, c'est le conflit israélo-palestinien qui a été le prétexte de cette occasion manquée. Le texte de la stratégie sur l'eau faisant référence à la loi internationale, il s'agissait d'une première étape vers la garantie d'un accès équitable à cette ressource dans une région où sa raréfaction est critique. L'adoption d'un tel document aurait donc davantage souligné la politique discriminatoire de l'eau imposée par Israël aux Palestiniens.

A Charm el-Cheikh, l'Egypte et le Soudan ont refusé de remettre en question leurs droits historiques sur les eaux du Nil, que leur contestent les sept autres pays riverains du bassin, en particulier l'Ethiopie, qui contrôle les sources du Nil bleu, c'est-à-dire l'alimentation de 85 % du débit du fleuve. L'Egypte, qui n'aura pas suffisamment d'eau pour les besoins de sa population en 2017, n'a pas l'intention de réduire son quota de 55 milliards de mètres cubes par an.

Le Caire fait donc alliance avec Khartoum pour s'opposer aux projets de barrages envisagés par Addis-Abeba. Au Proche-Orient, qui représente 6,2 % de la population mondiale mais seulement 1,5 % des ressources en eau de la planète, l'enjeu de l'eau occupe une place déterminante dans la géopolitique et les rapports de pouvoir. Ainsi les deux puissances militaires de la région, Israël et la Turquie, imposent-elles une suprématie hydrique à leurs voisins.

La Syrie et l'Irak sont de facto sous la coupe d'Ankara, puisque situés en aval du Tigre et de l'Euphrate, qui ont leur source en Turquie. Leur chance est que le gigantesque projet turc GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), lancé en 1980 et qui vise à construire 22 barrages et 19 usines hydroélectriques sur l'Euphrate et le Tigre, a pris du retard. Il n'est achevé qu'à 44 %, mais, une fois terminé, il détournera 70 % du débit naturel du premier fleuve et 50 % de celui du second.

 

(...)

 

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